Les médecins deviennent des influenceurs

Les populations confinées sont à la recherche d’informations véridiques concernant la pandémie du Covid-19. Alors que les rumeurs et les “fake-news” se propagent très rapidement, les internautes souhaitent plus que jamais s’appuyer sur des informations vérifiées. Par ailleurs, les médecins présents sur les réseaux sociaux ont partagé leurs connaissances pour lutter contre la désinformation au côté des vulgarisateurs scientifiques. Leur popularité n’a ainsi fait que croître depuis deux mois au point de leur faire atteindre le statut de leaders d’opinion, autrement dit d’influenceurs.

La tendance “healthy”

Depuis quelques années, les réseaux sociaux promeuvent le “healthy”. Cette tendance met en avant un mode de vie sain s’appuyant sur une alimentation équilibrée plutôt bio et une pratique sportive régulière. Les créatrices de contenus digitaux partagent ainsi des conseils de santé et de beauté respectant cette ligne éditoriale. Elles se basent sur des informations partagées par des entreprises du secteur “healthy” mais n’oublient pas de préciser à leur communauté qu’elles ne sont pas des professionnelles du milieu.

Facebook regorge de groupes de guérison naturelle qui surfent sur cette tendance. Les remèdes miracles s’y vendent allant à l’encontre des recommandations médicales. La crise sanitaire a obligé YouTube à sévir contre les fausses allégations de santé car les vidéos qui comptabilisent des millions de vues apparaissaient dans les résultats de Google.

Certaines astuces populaires sur les réseaux sont effectivement décriées par les spécialistes de la santé. C’est notamment le cas de la cure de sébum qui est particulièrement populaire durant le confinement. Certains dermatologues mettent en garde les populations contre cette pratique qui favoriseraient la propagation de la maladie puisque la cure de sébum implique de se toucher régulièrement les cheveux.

Chacun y va alors de ses arguments en faveur ou contre ces conseils “healthy” avec plus ou moins de conviction.

Les spécialistes de la santé 2.0

Les médecins sur les réseaux sociaux souhaitent donner un coup de jeune à la médecine responsable qui doit être plus attrayante que les théories du complot pour lutter contre la désinformation.

C’est notamment le cas de Michel Cymes, le médecin et chirurgien français spécialisé dans l’otorhinolaryngologie. Connu pour ses émissions de télévisions autour de la santé, il n’a pas hésité à se rapprocher des jeunes en rejoignant Le Live. La web-émission, Dr Good!, qu’il anime avec Julien Ménielle de la chaîne YouTube Dans Ton Corps et Marine Lorphelin, a d’ailleurs été la plus encensée sur Twitter lors de son lancement.

En 2018, le kinésitérapeute Grégoire Gibault lançait sa chaîne YouTube et son compte Instagram Major Mouvement. Il y partage ses conseils pour éviter les douleurs chroniques, des étirements mais aussi des bonnes postures sportives.

Les médecins qui choisissent de transmettre leurs connaissances à travers les réseaux sociaux adoptent les codes propres aux plateformes. Ils font de l’humour et utilisent la pop-culture tout en conservant un comportement éthique. Ils respectent le secret médical et partagent des informations précises afin de maintenir la confiance des internautes dans les professionnels de la santé.

La prévention médicale autour du Covid-19

Les informations concernant la pandémie du Covid-19 évoluent tous les jours. Les scientifiques découvrent encore des nouveautés sur la maladie. Le confinement évolue selon ces dernières actualités ce qui poussent les internautes à chercher des informations confirmées.

Sur Twitter, plusieurs biologistes se sont démarqués au début de la crise sanitaire en partageant leurs connaissances sur la maladie. Tania Louis a notamment été remerciée pour son implication dans la lutte contre la désinformation par certains créateurs de contenus. Elle a ensuite rejoint le compte KezaCovid19, un collectif de bénévoles majoritairement issus de la recherche en biologie qui travaillent à la production de contenus vulgarisés sur la pandémie du Covid-19.

L’infectiologue et professeur de microbiologie français Didier Raoult est devenu le porte parole improvisé de la chaîne YouTube de IHU Méditerranée-Infection. Il s’est aussi fait remarqué sur Twitter et à la télévision pour ses prises de paroles controversées au sujet de l’hydroxychloroquine.

L’Organisation Mondiale de la Santé a choisi de se créer un compte TikTok pour s’adresser aux plus jeunes. Elle souhaite ainsi fournir des conseils de santé publique fiables et opportuns à travers de courtes vidéos qui reprennent les codes de la plateforme. Les vidéos sont publiées en anglais pour s’adresser au plus grand nombre. L’OMS est également présente sur Instagram.

Les professionnels de santé prennent la parole sur les réseaux sociaux pour transmettre un message fiable. Les internautes jugent qu’ils peuvent obtenir des réponses vérifiées à leurs interrogations concernant la situation actuelle. Les médecins obtiennent ainsi un statut de leader d’opinion qui pèse indirectement sur les gouvernements.

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